Coupe du Monde 2026 : où regarder le match à Paris (8 adresses)

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Coupe du Monde 2026 : Paris regarde le match comme on regarde un défilé

Ce soir, la ville se replie autour des écrans. Les Bleus entrent dans leur Coupe du Monde, et Paris, fidèle à elle-même, refuse de choisir entre la ferveur et l’allure. Voici huit lieux où l’on suivra le match sans rien céder ni à l’un, ni à l’autre.

Il y a une manière parisienne de regarder le football. Elle tient moins au score qu’à la mise en scène : la lumière d’une salle, la coupe d’un verre, la façon dont une terrasse retient son souffle au moment d’un une-deux. À l’heure où le maillot est devenu une pièce de vestiaire à part entière porté autant pour sa charge graphique que pour son équipe la question du « où » a cessé d’être anodine. On ne va plus seulement voir un match. On choisit un décor, une température, une foule. Voici huit adresses où regarder le match de la Coupe du Monde 2026 à Paris, des plus feutrées aux plus franches huit décors, et autant de façons d’être supporter.

La Fontaine Gaillon ouvre le bal du côté du registre haut. Adresse installée près de l’Opéra, cuisine française et terrasse à l’abri du tumulte, elle accueille le match sans renier sa tenue de soirée. C’est le lieu de ceux qui veulent l’émotion collective sans la sueur du comptoir une ferveur en costume, si l’on veut, qui ne se déboutonne qu’au but marqué. 1 rue de la Michodière, 75002 Paris.

Hollywood Savoy, à deux pas de la Bourse, joue une autre partition. Boiseries, laiton, velours et miroirs composent un décor à peine théâtral, qui passe de la salle au Savoy Club en sous-sol quand la nuit avance là où les cocktails et la musique prennent le relais. Le match s’y vit comme un prétexte heureux à se rassembler, à l’instant précis où la frontière entre dîner et fête finit par s’effacer. 44 rue Notre-Dame-des-Victoires, 75002 Paris.

Le Cornichon est le lieu de l’attachement. Café-tabac de quartier repris et dépoussiéré par Bertrand Chauveau et Paul Henri, il tient ensemble deux choses qu’on croit souvent incompatibles : la mémoire d’une certaine France de comptoir et une cuisine qui regarde devant elle. On y suit le match comme on suivrait une conversation entre voisins sans distance, avec ce sentiment de retrouver un endroit qu’on n’a jamais vraiment quitté. 2 rue des Goncourt, 75011 Paris.

L’Auberge du Mouton Blanc porte son histoire sans la brandir. Molière, Racine y avaient leurs habitudes ; aujourd’hui on y dîne, on commente, on s’agace et on exulte. C’est l’adresse du football comme prolongement de la table française : un plat, un verre, un avis tranché sur la composition d’équipe. La ferveur s’y dit à voix haute, entre deux services. 40 rue d’Auteuil, 75016 Paris.

Vesper rassemble une autre faune. Adresse de poche du septième, registre izakaya cuisine japonaise, cocktails précis, lumière basse et cette densité particulière des soirées où se croisent visages français, silhouettes venues d’ailleurs et mannequins de passage. Pas d’écran géant ici : le match s’y diffuse à voix presque feutrée, et c’est la salle, soudée autour du comptoir, qui fait le bruit. L’élégance ne s’oppose pas au cri, elle l’encadre. 81 avenue Bosquet, 75007 Paris.

Panpan parle aux gourmands autant qu’aux supporters. On y vient pour ses pizzas rectangulaires d’inspiration Detroit, la pâte épaisse, la mozzarella saisie jusqu’au croustillant. Un écran dans la salle principale suffit à transformer le dîner en tribune. C’est le compromis idéal de la soirée : on mange vraiment, on regarde vraiment, et l’on ne sacrifie ni l’un ni l’autre. 71 rue d’Aboukir, 75002 Paris.

Le Grand Rex déplace la question sur un autre terrain. Devant l’un des plus grands écrans de la ville, le match cesse d’être un match pour devenir récit montée de tension, retournements, suspension du temps avant la frappe. La salle vibre comme elle vibre pour un film, sauf que personne n’en connaît la fin. C’est l’option pour qui veut le football à l’échelle du mythe. 1 boulevard Poissonnière, 75002 Paris.

Le Sportbar du Mama Shelter, enfin, assume sa nature jusqu’au bout. C’est l’adresse qui diffuse l’intégralité de la compétition, sans tri ni hiérarchie : ici, le tournoi se vit en entier, du premier match anonyme à la finale. Le lieu où l’on entre déjà supporter et d’où l’on ressort un peu plus. 10 rue Jean-Jaurès, 92800 Puteaux.

Au coup d’envoi, la ville se tait une seconde. Les terrasses suspendent leur service, les verres restent en l’air, et l’on entend, d’une rue à l’autre, le même silence avant le même cri. Paris ne regarde jamais un match seule : elle le regarde par fenêtres ouvertes, à huit adresses et mille comptoirs, comme un seul corps qui retient son souffle. Reste à choisir de quelle foule on veut être ce soir.

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