LA VÉNUS ÉLECTRIQUE, FILM D’OUVERTURE DE CANNES 2026
Pierre Salvadori ouvre Cannes avec la Belle Époque
C’est avec La Vénus électrique que s’ouvrira la 79e édition du Festival de Cannes, le 13 mai prochain. Un choix qui dit quelque chose d’une certaine idée du cinéma français : celui qui assume pleinement son goût pour la mise en scène, le romanesque et la précision d’écriture. Pierre Salvadori retrouve pour l’occasion Anaïs Demoustier et Pio Marmaï, dans une fable d’époque portée par un casting constellation, avant une sortie simultanée dans les salles françaises.
Paris, laboratoire d’illusions
Le film plonge dans le Paris du début du XXe siècle une ville qui se réinvente alors comme capitale mondiale de l’art, du spectacle et du divertissement populaire. Peintres et galeristes, cabarets et séances de spiritisme, fascination pour l’au-delà et ivresse du présent : autant de décors dans lesquels le réel et l’illusion se confondent, et où les personnages cherchent à se faire un nom, une place, une légende. Un terrain idéal pour Salvadori, dont le cinéma a toujours cultivé les faux-semblants, les identités troubles et les zones d’ombre transposés ici dans un écrin d’époque somptueux.
Demoustier et Marmaï, duo de haute voltige

Anaïs Demoustier incarne un personnage au cœur d’un dispositif construit sur l’apparence et l’illusion une femme dont le visage devient l’enjeu d’un récit qui interroge ce qu’on voit, ce qu’on croit voir, et ce qu’on se raconte pour tenir debout. Pio Marmaï, lui, retrouve un univers de passion et de désillusion : Antoine, artiste reconnu mais fragilisé, dont le geste créatif se nourrit autant de son génie que de ses blessures. Leur présence à l’écran, conjuguée à la manière très particulière qu’a Salvadori de faire naître l’émotion au détour d’un geste ou d’un regard, promet une œuvre à la lisière de la comédie et du drame — précisément là où son cinéma est le plus habité.
Un casting qui fait le Paris d’une époque
Autour du duo central, Gilles Lellouche incarne Armand, galeriste et architecte des réputations dans ce milieu artistique bouillonnant figure pivot qui ajoute une tension sociale et économique au drame intimiste. Vimala Pons, caméléon du burlesque au tragique, contribue à dessiner un Paris à la fois populaire, bohème et mondain. Gustave Kervern et Madeleine Baudot complètent la distribution, épaississant encore cette galerie de silhouettes qui peuplent une Belle Époque réinventée de toutes pièces.
Premier rendez-vous de la Croisette

Présenté en avant-première mondiale dans le Grand Théâtre Lumière avant de rejoindre simultanément les salles françaises, La Vénus électrique s’impose d’emblée comme l’un des rendez-vous incontournables du printemps cinéma. Pour Salvadori, l’ouverture de Cannes représente aussi l’occasion de déplacer son univers vers un terrain historique tout en restant fidèle à ce qui fait la force de son écriture : l’attention aiguë portée aux acteurs, à leurs fragilités, à leurs contradictions. Première grande promesse de cette 79e édition sur la Croisette.

