ELIE SAAB Golden Summer Nights of ’71

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ELIE SAAB

Golden Summer Nights of ’71

HAUTE COUTURE PRINTEMPS-ÉTÉ 2026

Il y a des collections qui racontent une saison. Et puis il y a celles qui racontent une femme toute une femme, dans la lumière exacte d’une seule nuit.

C’est un plan de cinéma. La musique qui enfle, les flammes sur les pavés, et cette femme qui traverse la foule — allongeant l’instant d’un frôlement de sequins. Elle n’arrive pas à la fête : c’est la fête qui commence quand elle arrive. Pour le printemps-été 2026, Elie Saab l’a imaginée en nomade dorée, une figure libre et absolue que l’on pourrait avoir croisée à Milos en 1971, sur le pont d’un yacht, ou dans un riad de Marrakech à l’heure où la nuit cède enfin.

Mais ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas de nostalgie. Elie Saab ne ressuscite pas les seventies il les réinvente. Golden Summer Nights of ’71 n’est pas un album photos délavé. C’est un film intérieur, projeté quelque part entre deux continents et une seule conscience de soi.

L’or, comme une manière de bouger

Le motif central de cette saison n’est pas un imprimé, ni une découpe architecturale : c’est l’or — traité non comme une parure, mais comme une matière vivante. Les robes ruissellent de cristaux et de mailles métalliques. Les franges oscillent au moindre pas. Le chiffon ombré passe d’une teinte à l’autre à mesure que le corps se déplace, comme si la lumière se réinventait à chaque mouvement.

Et pourtant c’est là toute la force de la collection rien ne semble lourd. Les silhouettes respirent. Les matières glissent plutôt qu’elles n’encaissent. Car Elie Saab a construit ce vestiaire comme une suite de possibles : robe fluide et gilet long, pantalon brodé et veste ouverte, top à sequins qui se suffit à lui-même. Les pièces se répondent, se superposent, se défont. L’opulence est là, mais elle obéit à la femme jamais l’inverse.

Une bohème de haute précision

La bohème, chez Elie Saab, n’a jamais rien de négligé. Elle est architecturée dans le moindre millimètre. Les robes fendues flirtent avec la transparence sans jamais la revendiquer. Les combinaisons métalliques captent la lumière avec la précision d’un joyau taillé. Les tailleurs coulent sur le corps tout en gardant une ligne nette, comme une phrase bien construite qui semble improvisée.

Derrière chaque éclat, on devine l’obsession du tombé parfait, du dos nu qui se révèle avec la précision d’une scène, de la bretelle brodée qui dessine presque seule le cadre du corps. C’est cela, la couture selon Elie Saab : une promesse de liberté rendue possible par une maîtrise absolue.

La mariée, ou le dernier souffle de la nuit

Puis la nuit change de rythme. La muse revient — en mariée. Mais une mariée qui refuse le langage convenu du blanc monumental. Elie Saab lui offre une robe slip en beige rosé, tissée de dentelle et de pierres, légère comme un parfum que l’on devine plus qu’on ne le voit. La transparence y est murmurée, jamais criée. Et l’ensemble donne l’impression d’un souvenir déjà en train de se déposer comme si cette soirée était vécue et racontée en même temps.

Le voile, aérien, achève de la transformer en apparition. C’est l’aveu le plus simple et le plus beau de toute la collection : cette couture spectaculaire tient aussi à sa capacité à rester humaine, à ne jamais oublier la femme qui la porte.

Avec cette haute couture printemps-été 2026, Elie Saab signe un chapitre qui condense tout ce que l’on attend d’une grande maison — mais avec un souffle plus libre, presque insolent. La femme qu’il habille ce soir-là est, selon ses propres mots, « au sommet de ses pouvoirs ». Elle porte l’or comme d’autres portent le coton. Elle enjambe les frontières entre Milos et Marrakech, entre podium et vraie nuit d’été. La couture, ce soir-là, ne parlait pas de musées ni d’archives. Elle parlait d’une nuit dont on se souviendra longtemps.

 

Par AP MEDIA PRESSE

Paris, Haute Couture Printemps-Été 2026

photo: Filippo Fior 

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