Liberowe AW26 Presentation 22 février 2026
Pour sa toute première présentation au calendrier officiel de la London Fashion Week, Liberowe a investi les salles de la Bernheim Gallery avec une collection qui dit tout du talent de sa fondatrice : explorer la tension entre masculin et féminin, entre l’héritage indien et le Paris des années 70, entre la rigueur du tailleur et la liberté du tissu qui bouge.
Il suffisait de pousser la porte de la Bernheim Gallery, au numéro 1 de New Burlington Street, et de laisser l’architecture géorgienne de Mayfair faire le reste. Quatre salles. Quatre chapitres. Une seule voix, celle de Talia Loubaton designer parisienne installée à Londres depuis qu’elle a tout quitté pour coudre selon ses propres règles.
C’est une première qui se mérite. Liberowe a cinq ans. Depuis 2021, depuis ce rez-de-chaussée de Nugent Terrace à Queen’s Park, la marque s’est construite à sa façon : des ventes privées organisées chez des amies, à Londres, Paris, New York. Des fittings intimes où le vêtement et la cliente apprennent à se connaître. Du bouche-à-oreille comme seul outil de communication. Jamais de show. Jamais de calendrier officiel. Jusqu’à ce dimanche de février 2026, où Liberowe a choisi de s’ouvrir mais à sa façon.
« C’était notre intention depuis le début : créer du mouvement autour des pièces, permettre aux femmes de tourner autour des vêtements, de les observer, de les attraper. Pas de se faire emporter par un défilé. Être ensemble. Partager. C’est ça, le mouvement dont je parle. »
La Bernheim Gallery a été divisée en quatre espaces distincts : tailoring, couleur et matières, tenues de soirée, bridal. Chaque salle respirait à son rythme. Les vêtements n’étaient pas présentés, ils étaient habités. On pouvait s’approcher, effleurer les broderies qui étaient devenues le tissu lui-même, sentir le poids d’une veste en velours, comprendre comment une pièce en organza capturait la lumière froide de février.
La collection AW26 s’appuie sur des matières nobles sourcées de façon responsable — velours, tweed, chiffon, organza, pour la plupart des stocks dormants. La broderie, motif central de la saison, n’est pas un ornement posé sur un tissu : elle en est la structure même. Elle garde sa douceur, son drapé, son poids. Un mélange de mouvement et de densité simultanés.
Et c’est précisément là que commence le travail de Loubaton.
« Quand je commence mon processus créatif, je commence par le tissu. Comment il bouge. Comment il tombe. Et c’est ça qui me donne une intention — une inspiration pour le transformer en vêtement. C’est tout ça à la fois : le mouvement avec la communauté, avec les gens que j’ai rencontrés aujourd’hui, mais aussi le mouvement du vêtement, de son poids, de son drapé. »
Si Liberowe possède une ligne directrice, c’est celle-là : l’équilibre. Entre la veste à col Nehru — pièce fondatrice de la maison, directement inspirée du sherwani indien masculin — et les silhouettes fluides des robes du soir. Entre la rigueur du tailleur et la légèreté des superpositions. Entre la force et la délicatesse. Entre l’Orient et l’Occident.
Pour Talia Loubaton, cet équilibre n’est pas une posture stylistique. C’est une vérité intime. Seule fille de la famille, entourée de quatre frères, elle a grandi dans ce territoire particulier où le féminin et le masculin s’apprennent l’un à travers l’autre, se négocient au quotidien, se volent quelques codes en passant.
« J’aime jouer avec les deux et trouver l’équilibre. La féminité chez moi, c’est quelque chose de libre, de léger. J’ai grandi avec quatre frères — j’étais la seule fille. Alors cette notion de masculinité et de féminité, je l’ai vécue de l’intérieur. C’est toujours une question d’équilibre : prendre le meilleur des deux côtés. »
Cette dualité irrigue chaque look de la collection. La saison débute avec des vestes au col étroit, d’inspiration masculine indienne — des pièces strictes, architecturées, qui se rapportent à la masculinité, à ce qu’on emprunte au vestiaire masculin. Puis le vestiaire s’ouvre, se détend, laisse entrer la légèreté : des drapés souples, des broderies en relief, des transparences maîtrisées. Ce n’est pas l’un contre l’autre. C’est l’un avec l’autre, toujours.
Au fil de la présentation, quelque chose s’est passé que les grands défilés ne permettent jamais. Talia Loubaton a reconnu une femme dans la galerie — et s’est arrêtée. Sa toute première cliente. Celle qui n’était encore qu’une promesse cousue dans un atelier de Queen’s Park avait acheté une veste. Elle était là, ce dimanche, dans cette galerie de Mayfair.
« Je dis bonjour à ma toute première cliente. La première femme qui a acheté une veste. C’est un peu le début de tout, et elle est là aujourd’hui. C’est ça que je voulais créer : présenter la collection, mais être avec les femmes. Marcher autour des vêtements, les observer, les attraper ensemble. Partager. »
C’est cela, au fond, le vrai luxe de Liberowe : une clientèle qui revient, qui parle, qui amène ses amies. 30 % des ventes proviennent de clientes fidèles. La marque est distribuée chez Net-a-Porter (programme Vanguard), au Bon Marché, chez Harvey Nichols et chez Harrods. Elle rayonne aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Suisse, en Australie et au Moyen-Orient. Et pourtant, l’ADN reste le même : une femme au centre. Pas un client, une femme.
Cette présentation à la Bernheim Gallery marque un tournant. Non pas parce que Liberowe aurait besoin de validation — la marque s’est construite sans elle, pendant cinq ans, en dehors de tout calendrier officiel. Mais parce que quelque chose d’important vient d’être posé sur la table : une maison qui a grandi dans l’intimité choisit de s’ouvrir, à sa manière. Pas avec l’agitation d’un défilé. Avec la lenteur d’une invitation à contempler.
Talia Loubaton ne fait pas de mode pour être vue. Elle fait de la mode pour être vécue. Pour que le vêtement devienne cette seconde peau dont elle parle depuis le premier jour. Pour que la femme qui enfile une veste Liberowe sente qu’elle porte quelque chose de construit pour elle, par quelqu’un qui a compris exactement ce qui manquait dans sa garde-robe.
Ce dimanche 22 février, à la Bernheim Gallery, cette conviction traversa les quatre salles sans forcer. Elle s’installa simplement, comme un bon tissu qui tombe bien.
PAR AP MEDIA PRESSE
London Fashion Week, Automne/Hiver 2026-27 · Liberowe
















