Thomas Hanisch Collection Automne-Hiver 2026

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L’extravagance redevenue prière

Berlin, 5 février 2026. Devant le M60 The Macherei, le vent mord la peau avec une insolence d’hiver. -8°C, mais déjà la capitale allemande vibre d’électricité. Thomas Hanisch signe son grand retour, et la rumeur parle d’un miracle attendu.

Dans la salle obscure, les premières notes de Carl Orff jaillissent comme un souffle sacré. Des ombres diaphanes glissent dans la pénombre, drapées de dentelles frémissantes, auréolées de reflets lunaires. Ce n’est pas un défilé : c’est une messe baroque, une extase orchestrée. Hanisch offre à la mode le luxe le plus rare – le silence de la contemplation.
Une couture habitée, presque mystique

Le créateur ne s’adresse pas à la raison, mais à la peau, à l’inconscient. Corsets de verre, broderies suspendues, tulles qui s’évaporent à la lumière. On y distingue des échos d’Art Nouveau, des réminiscences gothiques, une tension futuriste. Tout respire l’unité d’une vision sans compromis.
Les matières dialoguent comme des amants contrariés : satin lourd contre mousseline aérienne, velours nuit contre éclat nacré. Chaque vêtement est une architecture sensible, une sculpture mouvante sur le corps.

La lenteur, nouveau luxe

Les mannequins ne marchent pas, elles dérivent. Leurs gestes ralentis rappellent la majesté des processions anciennes. Dans cette temporalité étirée, la beauté retrouve sa densité : le regard respire, écoute le tissu, suit le battement de la lumière sur la peau.
Hanisch oppose à la vitesse contemporaine la noblesse du temps long. Dans la lenteur se cache la plus belle des révoltes.

L’être plutôt que le paraître

Armure Couture ne courbe ni devant les tendances éphémères ni devant les exigences du marché : elle proclame le droit souverain au songe. Loin des servitudes du fonctionnel, la mode s’élève en émotion pure, en poésie incarnée. Hanisch nous enseigne que la couture ne saurait se réduire à vêtir, mais qu’elle aspire à transfigurer – à effleurer l’ineffable. Là où l’inutile se fait indispensable, le beau triomphe pour sa seule splendeur

Beauté, ultime résistance

Lorsque les dernières notes du Carnaval des Animaux s’éteignent, un silence profond enveloppe la salle. Un instant suspendu, presque sacré. Berlin s’est faite cathédrale, Hanisch, son prêtre visionnaire.

Dans un monde qui s’épuise à courir, cette haute couture rappelle que la lenteur, la démesure et l’enchantement sont encore possibles. Et qu’au bout du gel berlinois, il existe une lumière – celle de la beauté insoumise.

Par AP MEDIA PRESSE

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