Il y a un vêtement que chaque homme porte sans y penser un jean, un tee-shirt blanc, toujours le même, semaine après semaine. Miuccia Prada et Raf Simons partent de cette banalité-là pour leur collection printemps-été 2027, et en font une matière de travail plutôt qu’un point de départ à fuir. Dans une note commune, les deux créateurs revendiquent un refus : contre l’exagération, contre la matière complexe, contre le design inutile. Pas une provocation, mais une soustraction.
Ils parlent d’un exercice de clarté. Tout commence avec le jean ou plutôt l’idée du jean, déclinée dans des matières qui n’ont plus rien de son origine : cuir, laine, et le denim lui-même, mais détourné de son bleu pour basculer en jaune fluo, rose, violet. La silhouette se tient près du corps, presque contenue : bas qui gainent la jambe, vestes raccourcies qui laissent affleurer une bande de peau. Le motif se répète, se recompose, jusqu’à glisser parfois vers un tissu semi-transparent qui laisse deviner le corps en dessous plutôt que de le couvrir.
Entre les défilés de mailles et de pantalons couverts d’imprimés Prada volontairement laids, le geste décoratif se déplace vers les accessoires.
Lunettes aux montures dépareillées, ceintures épaisses qui pendent sur les os des hanches, petits sacs en nylon aux couleurs vives accrochés comme des breloques. Tout l’excès retiré du vêtement principal se concentre là, en marge.
Le résultat tient en une intention nette : couper le superflu, revenir au fondamental. Il y avait quelque chose de fascinant dans la répétition, disent les deux designers à propos de leur méthode.
C’est une question d’être extrêmement tranché. Une collection qui ne cherche pas à surprendre par l’invention, mais par l’insistance répéter un même geste jusqu’à ce qu’il devienne une évidence, puis une signature.
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Courtesy of Prada








