Mariusz Przybylski dévoile KICK OFF à Berlin Fashion Week 2026

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Il y a des retours qui ressemblent à des bouclages. Vingt ans après ses débuts, dix ans après avoir montré son travail hors de Pologne pour la première fois à Berlin, déjà, Mariusz Przybylski revient dans la même ville présenter KICK OFF, le 2 juillet, pour la Fashion Week. Ce n’est pas une anecdote biographique glissée en marge du communiqué. C’est le sujet même de la collection.

Przybylski compte parmi les figures les plus reconnues de la mode polonaise, et son vocabulaire ne varie pas depuis vingt ans dans son exigence : une élégance nette, des contrastes assumés, un travail artisanal qui refuse la facilité. Broderies faites main, imprimés sur mesure, matières patinées jusqu’au détail chez lui, l’ornement n’est jamais gratuit, il porte toujours une intention. Son travail se nourrit du cinéma polonais, de la peinture, de la musique — un dialogue permanent entre héritage et présent, entre geste artistique et construction rigoureuse.

KICK OFF pousse cette logique plus loin, jusqu’à en faire l’architecture même de la collection. Lumière et ombre, fragilité et force, légèreté et structure : Przybylski ne traite pas ces oppositions comme des contradictions à résoudre, mais comme le matériau d’une allure stratifiée. Des manteaux à la coupe architecturale côtoient des ensembles en soie fluide ; des pièces patinées, marquées comme par des années de port, s’imposent à côté d’un cuir travaillé qui n’apparaît jamais que par touches. Rien ici ne cherche l’harmonie facile tout avance par friction.

Cette tension redessine une masculinité qui ne cherche plus à se prouver. La force et la sensibilité tiennent dans le même vêtement, au même moment, sur le même corps un homme peut porter la structure et la fragilité sans que l’une n’excuse l’autre, et c’est peut-être ça, la vraie proposition de KICK OFF.

Le lieu choisi prolonge ce même principe de collision. La présentation se tient dans un bâtiment du réalisme socialiste, à l’est de Berlin une architecture massive, industrielle, dont l’atmosphère renvoie Przybylski à son enfance en Pologne. Contre cette lourdeur bâtie, le fait main de l’art populaire polonais vient s’inscrire comme un contrepoint délibéré. Le décor n’illustre pas la collection : il en répète la grammaire, à une autre échelle.

Vingt ans de pratique, dix ans depuis la première sortie hors de Pologne. Przybylski ne célèbre rien. Il revient, et il tranche.

Photos : Courtesy of Mariusz Przybylski

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