Une robe rose, à sept ans, portée en écho à celle d’une sœur devenue, le temps d’un jour, presque irréelle. C’est là, dit-elle, que tout commence : voir sa sœur se transformer, « presque princesse, comme mes Barbies prenant vie », a suffi à graver une fascination qui ne l’a plus quittée. Mais ce que Dilara Findikoglu construit aujourd’hui ne s’arrête pas à l’autel.
Dix ans après avoir fondé sa maison, la diplômée de Central Saint Martins reste identifiable entre mille : corsets gothiques, vestes victoriennes, dentelle en lambeaux. Chez elle, le vêtement n’a jamais été une parure c’est une arme de reconnaissance, une manière de révéler la force de celles qui le portent. Ce langage, elle le transpose désormais dans sa première capsule bridale. Le nom suffit à trahir l’intention : Bridal Party Edit.
Car il ne s’agit pas de la cérémonie. Il s’agit de ce qui vient après la réception, la piste, l’heure où le protocole cède. Les silhouettes signature de la maison, tailles sculptées et volumes spectaculaires, sont retravaillées pour faire durer la magie bien au-delà des vœux. Ivoire lumineux, quelques touches de couleur pour les demoiselles d’honneur, taffetas de soie qui frotte contre des volants de mousseline aux bords bruts : le contraste ne se cache pas, il est le propos. Romantique et subversif jamais l’un sans l’autre.
La maison ne s’embarrasse d’aucune pudeur nuptiale. « Nous aspirons toutes à un amour qui semble éternel », énonce-t-elle, avant de trancher net, avec son irrévérence habituelle : « Et bien sûr, là où il y a une fête, c’est là que nous voulons être. » Tout est dit : l’éternité, oui mais vécue dans le tumulte plutôt que dans le silence solennel de l’église.
La campagne suit une mariée Dilara sur toute une journée : sensuelle, irrévérencieuse, désordonnée, sacrée, authentique. Moins l’image d’Épinal du oui figé, plus un corps qui continue de vivre, de transpirer, de danser une fois les vœux passés. Chez Findikoglu, on ne cherche pas la robe consensuelle. On cherche le romantisme par la marge une beauté qui ne s’excuse jamais d’être étrange.
Reste une question, que la capsule pose sans vraiment la trancher : que devient un rituel aussi codifié que le mariage quand on déplace son centre de gravité de l’autel vers la piste ? Findikoglu ne répond pas de front. Elle propose simplement que la fête commence là où la cérémonie s’arrête.
Photos : courtoisie de la marque Dilara Findikoglu.
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