Une chemise blanche, un manteau, une maille : les pièces les plus familières sont souvent celles qui disent le plus d’une garde-robe. À la London Fashion Week, M&S leur a offert le premier rôle.
M&S a choisi de mettre en lumière une autre idée du style : une élégance britannique accessible, pensée pour durer. Un siècle après avoir commencé à vendre des vêtements, en 1926, la maison venait rappeler, à sa manière, que la mode n’existe pas seulement sur les podiums : elle existe aussi dans ce que l’on porte le lundi matin.

Le casting donnait d’emblée la mesure du propos. Lara Stone, Erin O’Connor, Jodie Kidd, Karen Elson et Lennon Gallagher se sont succédé sur le podium, dans une distribution allant de 21 à 60 ans. À rebours d’une Fashion Week souvent obsédée par une seule tranche d’âge et une silhouette unique, M&S changeait de logique. La marque dessinait une garde-robe pensée pour différents âges et différentes façons de s’habiller. Dans la salle, Joan Collins, Ian Wright, David Gandy, Jessie Ware, Pixie Geldof, Anaïs Gallagher, Kelly Hoppen et Katherine Jenkins portaient eux aussi la marque.
Sur le podium, M&S réunit ses trois signatures — M&S, Per Una et Autograph — dans une même garde-robe. La maison est allée chercher dans ses archives la chemise blanche et le twin-set, remis en circulation plutôt qu’exposés comme des reliques : les coupes gagnent en ampleur, les superpositions s’assouplissent et les références d’archives trouvent une allure plus contemporaine.
Le vestiaire femme avance par contrastes. Le tailoring garde sa netteté, mais se laisse traverser par la dentelle et la maille. Les caracos et les jupes ajustées empruntent au vocabulaire de la lingerie, désormais porté au cœur de la silhouette, tandis que le pantalon barrel-leg adopte le nylon et donne un nouvel élan à une pièce déjà bien installée chez M&S.
Côté homme, le costume demeure le point fixe. Le car coat en coton ciré British Millerain, à col de velours côtelé, et le denim japonais selvedge composent, avec un costume croisé en laine d’inspiration années 1980, une certaine idée du vestiaire britannique, entre héritage campagnard et précision du tailoring.
Maddy Evans, directrice de la création femme, et Mitch Hughes, directeur de la création homme, parlent d’archives, de polyvalence et de vêtements faciles à vivre. Cette approche prolonge le travail de M&S : des pièces contemporaines, faciles à associer et conçues pour le quotidien. Le choix du calendrier donne toutefois une portée particulière à cette intention. À la Fashion Week, les collections arrivent d’ordinaire bien avant les vêtements ; elles construisent le désir, puis le laissent patienter. Ici, pourtant, les silhouettes étaient disponibles dès la fin du show : en ligne, dans dix magasins phares au Royaume-Uni et en Irlande, et sur les plateformes européennes de la marque et de Zalando.
Le podium devient ainsi le prolongement direct d’une garde-robe pensée pour le quotidien. Les silhouettes prennent naturellement un peu plus d’allure sous les lumières du Design Museum. Elles sont pourtant conçues pour rejoindre, dès le lendemain, des pièces déjà possédées — un jean, un manteau, une paire de chaussures que l’on connaît par cœur.
Pour son centenaire, M&S n’a pas seulement célébré son histoire. La marque a ouvert un nouveau chapitre, où l’héritage britannique se prolonge dans une garde-robe contemporaine, disponible sans attendre.
Images presse : M&S.
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