Tokyo, udon et silence choisi : trois adresses japonaises pour un date à Paris
À Tokyo, au restaurant Udon Shin, Kendall Jenner et Jacob Elordi ont choisi un simple bol d’udon plutôt qu’un tapis rouge.

Il suffit parfois d’un bol fumant pour tout recentrer. Quand Kendall Jenner et Jacob Elordi ont été aperçus à Tokyo, attablés dans un restaurant d’udon sans mise en scène ni communiqué, quelque chose s’est dit sans un mot : le date de prestige est mort, vive le date juste. De retour d’Hawaï, le couple le plus scruté du moment a choisi la discrétion tokyoïte plutôt que l’apparat parisien et c’est précisément ce choix qui a tout capturé.
Ce que l’on retient de leurs apparitions à l’Udon Shin, plus que l’adresse elle-même, c’est ce qu’elle représente : une temporalité différente. On ne se dépêche pas devant un dashi longuement mijoté, on ne consulte pas son téléphone entre deux bouchées d’une pâte travaillée à la main. Le Japon, dans ce qu’il a de plus rituel, transforme le repas en conversation et la conversation en présence.

Cette esthétique du ralentissement résonne particulièrement dans un moment où les excès du dating spectacle commencent à fatiguer. Les couples qui comptent semblent vouloir autre chose : de l’authentique, du texturé, du silencieux dans le bon sens du terme. Pour un date à Paris dans un restaurant japonais qui privilégie le rituel au spectacle, quelques adresses savent exactement reproduire cet état d’esprit.
Adrien Albou a compris avant beaucoup que le handroll est un format en soi précis, immédiat, exigeant. Son adresse de la rue de Sèvres, à deux pas du Bon Marché, en est l’expression la plus aboutie. À la tête des cuisines, Chiharu Takada compose une carte qui dialogue entre technicité japonaise et désir parisien : roll Kobe signature, gambas tempura, toro katsu, sole en tempura, mochi soigneusement dressés sur le comptoir central. Le décor imaginé par le Studio Friedman & Versace a ce don des environnements qui semblent avoir toujours existé : kimonos chinés au Japon, panneaux signés Bottega Veneta, et dominant l’ensemble, la fresque de Shinsuke Kawahara. L’artiste, connu notamment pour ses collaborations avec Hermès, installe ici son lapin Petit Usagi dans un univers abstrait et onirique qui transforme le repas en déambulation visuelle. L’endroit pour un date qui se souvient de lui-même.

Au 82 rue des Archives, Olivier Leone et Arthur Cohen ont fait de cet espace bien plus qu’un restaurant japonisant un repaire à l’ambiance feutrée, presque confidentielle, où le chef Yuji “Taku” Mikuriya signe une carte d’une précision remarquable. Tofu frit coiffé d’œufs de truite, soba crémeuses au caviar, wagyu braisé : chaque plat porte une intention. Le décor écarlate, conçu avec Will McGrath, crée cette tension douce entre intimité et sophistication, soulignée par une playlist qui ne cherche jamais à s’imposer. Pour un date qui n’a rien à prouver et c’est exactement pour ça qu’il fonctionne.

Ogata Shinichiro a fait de son espace du Marais bien plus qu’une table : un passage. Ici, la cuisine kaiseki ryōri succession de plats construits autour d’une méthode de cuisson singulière et d’ingrédients choisis selon la saison devient une conversation avec la culture japonaise dans ce qu’elle a de plus patient. Les fruits de mer y occupent une place centrale, les textures se répondent, les saveurs ne se bousculent pas. Ce n’est pas un restaurant où l’on se retrouve par hasard. C’est un lieu que l’on choisit quand on veut que le temps du repas soit un temps à part entière et que l’autre, en face, comprenne pourquoi.

Ce que Tokyo a dit à travers deux silhouettes penchées sur des nouilles, Paris peut l’offrir à quelques rues de chez vous. Il faut simplement accepter de poser le téléphone, d’habiter la table, et de laisser le dashi décider du rythme.
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