Tom Ford Automne-Hiver 2026-27 : le front row fait l’histoire
Ce soir-là, personne n’est arrivé par hasard. Tom Ford n’invite pas il convoque. Et ceux qui répondent le savent : traverser cette entrée, c’est accepter de jouer un rôle dans un récit plus grand que soi. Le 4 mars 2026, place Vendôme, ils étaient tous là. Et ils savaient tous exactement ce qu’ils faisaient.
Haider Ackermann travaillait sur le podium une séduction crépusculaire verticale, contenue, habitée. Dehors, le premier rang en déployait la version extériorisée. Pas un simple reflet. Une amplification.
Amelia Gray Hamlin ouvrait la soirée avec l’assurance tranquille de ceux qui ont grandi dans l’œil des objectifs sans jamais s’y perdre. Pas d’esbroufe. Juste une entrée nette, qui posait le ton.

Vassili Schneider : costume gris à rayures fines, épaules droites, chemise ouverte juste ce qu’il faut. La nonchalance comme discipline. Tom Ford porté comme si on n’y pensait pas — ce qui demande, en réalité, beaucoup d’y penser.

Ricky Martin donnait l’impression de sortir d’un souvenir parfaitement conservé. Allure assurée, regard direct. Ses lunettes Tom Ford Penn 05A aux verres bleu-gris n’étaient pas un accessoire elles étaient une déclaration. Chez lui, ce vocabulaire-là n’est pas emprunté. Il lui appartient depuis longtemps.

Clotilde Courau était méconnaissable. Son smoking en satin rompait avec tout ce qu’on attend habituellement d’elle : frontal, construit, presque androgyne. Et pour les initiés, ses lunettes Penn 01V aux verres bleu clair faisaient écho exact à celles de Ricky Martin. Deux lectures d’une même monture. Un dialogue silencieux entre deux rangées.
Rosie Huntington-Whiteley en blanc intégral. Elle ne marche pas elle traverse. Chaque couture calculée pour paraître évidente. C’est ça, le vrai luxe : l’effort rendu invisible.

Liya Kebede n’a plus rien à prouver, et c’est précisément ce qui rend son entrée si puissante. Droite, sans effort, sans démonstration. Quelques décennies de carrière condensées dans une façon de poser le pied sur le pavé.
Paris Jackson choisissait l’audace mesurée : un costume Tom Ford avec une découpe qui révélait juste ce qu’il fallait. Ni provocation, ni retenue. L’équilibre exact que cette maison recherche depuis toujours.
Il y avait aussi Ji Chang-Wook et il suffisait de quelques secondes pour comprendre pourquoi il était là. L’acteur et mannequin sud-coréen portait les lunettes Tom Ford TF1391 en noir comme on porte une évidence. Regard direct. Silhouette ajustée. Dans un premier rang saturé de personnalités, il imposait une autre temporalité : celle de quelqu’un qui sait qu’on le regarde et choisit, précisément, de ne pas y répondre. L’élégance comme silence.

De son côté, Jeon Jeong-guk, alias Jung Kook, racontait autre chose. Habitué aux stades et aux millions de vues, il arrivait place Vendôme dans un look tiré au cordeau décontraction maîtrisée, sensualité assumée. Chaque pas déclenchait une forêt de smartphones. Ce n’est plus seulement la maison qui parle au public : ce sont les artistes globaux qui importent leur propre galaxie dans le champ Tom Ford. Son tailoring devenait une interface. Entre une marque et un univers parallèle.
Lee Pace et Louisa Jacobson formaient, à quelques rangs de distance, une variation sur le thème de l’élégance intellectuelle. Lui : une stature qui transforme chaque entrée en plan de cinéma. Elle : une précision dans les détails qui trahit une vraie connaissance des codes. Deux façons d’être rigoureux sans jamais s’alourdir.
Catherine Martin et Baz Luhrmann architecte de décors et metteur en scène de quelques-uns des plus grands imaginaires visuels du cinéma mondial. Leur présence élargissait le cadre. Ce n’était plus seulement un défilé. C’était une conversation entre les arts.
Jon Kortajarena. Erin Wasson. Jordan Barrett. Les visages qui ont incarné une certaine idée du glamour dans les années 2000 étaient là, fidèles à une maison qui n’oublie pas ceux qui ont contribué à l’écrire. Farida Khelfa, icône parisienne par excellence. Suzi de Givenchy. Morgan Spector. Mette Towley. Warren Ellis. Indya Moore. Benito Skinner lunettes métal Tom Ford à verres verts, prochaine collection déjà portée. Odessa A’zion. Antoine Waldner. Chuck Junior Achikè. Jeanne Friot. Chacun porteur d’un fragment d’un univers différent. Tous réunis par la même force d’attraction.
Kate Moss, enfin. Ou plutôt : Kate Moss, toujours. Blouse à pois transparente, jupe en maille vinyle, escarpins pointus. Chaque élément parle le langage de la maison sans jamais le citer littéralement. Elle n’est pas là pour rejouer un rôle passé. Elle est là pour rappeler que certaines présences ne vieillissent pas elles s’approfondissent. La voir entrer, c’est mesurer l’écart entre ceux qui aspirent à la légende et ceux qui en sont déjà une.
Les photos de Pierre Roigt pour AP MÉDIA PRESSE gardent la trace de tout cela. Elles ne racontent pas qui était là. Elles racontent comment chacun a choisi d’être vu. Dans une époque saturée d’images, il reste des soirées qui résistent à la consommation rapide. Celles où le vêtement, le corps et l’attitude s’alignent le temps d’une entrée, le temps d’un regard. Le front row Tom Ford, ce 4 mars, n’était pas une liste de noms. C’était une collection parallèle. Vivante, incarnée, irremplaçable.
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Photos : Pierre Roigt
























































