Il existe des collaborations que la mode ne renouvelle plus, elle les prolonge. Celle qui lie Dolce & Gabbana à Steven Meisel appartient à cette catégorie : amorcée à l’automne 1989, elle traverse près de quatre décennies sans jamais se figer en formule. Pour l’automne 2026, la maison retrouve une nouvelle fois le photographe américain, qui a contribué, saison après saison, à façonner l’identité visuelle de ses campagnes.

Plus qu’un retour, cette série d’images réactive les signes fondateurs de l’univers Dolce & Gabbana. La Sicile n’y fonctionne pas comme un décor, mais comme un imaginaire sensualité, ferveur, mémoire familiale, irriguant jusqu’au geste du vêtement. À cette matrice méditerranéenne s’ajoutent les codes désormais indissociables de la maison : la couture, la dentelle, les références religieuses, un noir dominant que vient réchauffer, par endroits, un bordeaux présent sur certains accessoires.

Ce noir ne se contente jamais d’être une couleur. Il structure la silhouette, donne du relief à la matière, laisse aux détails dentelle, ornement, symbole la place de s’imposer sans excès. Côté masculin, l’accent se déplace vers le tailoring, la maille et le denim : un vestiaire plus concret, mais tenu par la même exigence de construction. Les deux campagnes restent autonomes ; elles dialoguent néanmoins, comme deux versions d’une seule idée de l’allure.

Ce dialogue, Stefano Cantino, co-directeur général de la maison, le formulait en juin : « Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont un point de vue fort sur les deux sexes. » » Née dans le vestiaire féminin il y a plus de quarante ans, Dolce & Gabbana n’a jamais traité le masculin comme une extension mineure. Les deux lignes procèdent d’une même vision, et cette double expression du style fait partie intégrante du positionnement de la maison.

C’est dans cette continuité que la fidélité à Meisel prend son sens. Sa photographie n’enregistre pas les vêtements, elle entretient un récit. Rien n’y est figé : la Sicile, le noir, la dentelle, la rigueur du tailoring se redéploient à chaque saison sans se dénaturer. Pour l’automne 2026, Dolce & Gabbana ne cherche pas la rupture. La maison affirme, une fois encore, qu’un langage peut rester vivant tant qu’un regard sait le faire bouger sans jamais le trahir.
Crédit photo : © Dolce & Gabbana / Steven Meisel
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