PALMWINE IceCREAM invoque le corps comme territoire sacré

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Il y a des collections qui parlent de vêtements. NUBA, la nouvelle proposition printemps-été 2027 de PALMWINE IceCREAM, dévoilée à la Berlin Fashion Week, parle du corps lui-même de ce qu’on y inscrit, de ce qu’on y protège, de ce qu’on choisit d’y révéler.

Kusi Kubi ne dessine pas des silhouettes. Il continue une conversation entamée il y a des générations, entre le Ghana et le Soudan, entre le fil et la peau.

La référence est directe et assumée : les peuples Nuba, dont les traditions d’argile, de cendre et de motifs peints à la main transforment le corps en surface habitée, où chaque marque porte un sens. PALMWINE IceCREAM ne cite pas cette culture en façade la maison la traverse pour interroger sa propre tension, celle qui oppose la douceur et la force, l’ornement et la protection, l’héritage et l’expérimentation.

Les motifs cérémoniels deviennent impressions superposées, teintures volontairement irrégulières, motifs peints à la main sur cuir. Les cuirs à teinture naturelle, introduits la saison dernière en SS26, évoluent ici vers de nouvelles textures et superpositions de pigment une continuité qui dit une marque qui affine plutôt qu’elle ne réinvente à chaque saison.

Le pantalon de survêtement en cuir peint à la main, motif tigre, a demandé deux jours de travail par pièce un chiffre qui n’est pas là pour impressionner, mais pour rappeler que la lenteur reste, ici, une décision. Le blouson biker assemblé à partir de chutes de cuir des saisons précédentes prolonge cette logique : la maison recompose ce qu’elle a déjà produit plutôt que de puiser dans du neuf.

Il y a aussi cette casquette en cuir, née d’une collaboration avec le designer parisien d’origine finlandaise Petteri Hemmilä, où des étoiles métalliques appliquées à la main dessinent une crête céleste. Chaque pièce, fabriquée à la main au Ghana, continue une conversation entre rituel et confection rien n’est délocalisé, rien n’est accéléré.

Kusi Kubi confiait à Dazed que PALMWINE IceCREAM assemble des “goûts et des sensations qui ne sont pas censés se combiner” une phrase qui pourrait résumer sa méthode entière depuis son retour à Accra en 2018, où le marché de Kantamanto est devenu le point de départ d’une marque fondée en 2020 sur le recyclage du vêtement de seconde main et des surplus de production.

Cuir rehaussé d’or, mailles superposées de cotte de mailles, bottes brodées de fil doré : chaque pièce continue de porter son héritage ashanti, sans jamais s’y enfermer.

Avec NUBA, PALMWINE IceCREAM ne cherche pas l’universel confortable. La maison construit un langage vestimentaire contemporain qui dialogue avec la culture visuelle africaine sans la citer en simple référence elle l’habite.

Reste la question que la collection laisse ouverte : combien de temps une industrie pressée peut-elle encore tenir le rythme d’un vêtement qui refuse d’aller vite ?

Photos : Kenneth Dumevi / Courtesy of PALMWINE IceCREAM

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