Une publication et une source anonyme ont suffi. La rumeur a circulé pendant vingt-quatre heures dans les cercles mode. Vendredi, JW Anderson l’a démentie sur Instagram. La marque a confirmé qu’aucune collaboration avec Zara n’était en préparation.
La spéculation était apparue la veille et avait notamment été relayée par le compte DeuxMoi, connu pour ses fuites non vérifiées

Le doute n’a pas tenu longtemps. Plusieurs observateurs ont vite relevé une incohérence. Jonathan Anderson dirige sa marque éponyme et assure désormais la direction artistique de Dior. Depuis 2017, JW Anderson collabore aussi avec Uniqlo, concurrent direct de Zara sur le prêt-à-porter accessible.
Dans ce contexte, un partenariat parallèle avec l’enseigne espagnole semblait difficile à imaginer. Il aurait nécessairement redessiné le positionnement de la marque
Ce qui frappe surtout, c’est la constance du geste chez JW Anderson : la marque a construit, au fil des années, une manière de collaborer presque tous azimuts, sans logique de segment unique. Topshop, Versus, Converse, A.P.C., Pleasing, Guinness, Diadora la liste dessine un territoire où la mode croise le sport, la bière et le prêt-à-porter grand public sans jamais se contredire. Le label est allé plus loin encore, quittant le vêtement pour la porcelaine avec Wedgwood, puis pour l’artisanat du saule britannique aux côtés du sculpteur Eddie Glew. Une manière de dire que la collaboration, chez Anderson, n’est jamais un calcul commercial isolé : c’est une grammaire.
Reste que la rumeur n’était peut-être pas totalement absurde, seulement prématurée. Un rapprochement entre les deux maisons n’est pas exclu à moyen terme plusieurs partenariats récents de Zara avec des créateurs auraient été facilités par Lucien Pagès & AIPR, l’agence de communication qui représente également JW Anderson. Le terrain existe. Le calendrier, apparemment, non.

Dans le même temps, Zara avance sur un autre dossier. En mars, l’enseigne a annoncé John Galliano comme nouveau collaborateur. Ancien prédécesseur de Jonathan Anderson chez Dior, le créateur doit travailler pendant deux ans à partir des archives du groupe.
Il imaginera de nouvelles toiles, silhouettes, matières et couleurs, avec une signature qui lui est propre. L’arrivée de Galliano prolonge une série de collaborations déjà engagée.

Zara a aussi travaillé avec Stefano Pilati, Narciso Rodriguez, Samuel Ross et Ludovic de Saint Sernin.
Sous l’impulsion de Marta Ortega Pérez, présidente d’Inditex et fille du fondateur Amancio Ortega, l’enseigne se rapproche méthodiquement des figures de la création contemporaine et du luxe

Ainsi, le démenti de JW Anderson dit peut-être moins ce qu’il nie que ce qu’il confirme en creux. L’industrie entière regarde désormais Zara comme un partenaire possible. Une simple rumeur peut donc paraître crédible.
© AP MEDIA PRESSE — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

